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Dix ans après sa mise en œuvre

Ça bouge avec le SAGE !

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En 2009, le SAGE Estuaire de la Loire était approuvé par arrêté interpréfectoral. En février 2020, un nouveau SAGE devrait être adopté par la Commission locale de l’eau. Alors que d’immenses efforts restent encore à fournir pour atteindre une bonne qualité des eaux sur notre territoire, une prise de conscience profonde et durable a néanmoins émergé.

Dix ans déjà : le Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) Estuaire de la Loire fête cette année sa première décennie de mise en œuvre. Malgré les efforts fournis par les multiples acteurs concernés par la mise en application de cet outil de planification, les problématiques restent nombreuses : qualité insuffisante de l’eau et des milieux aquatiques, partage de la ressource à optimiser, lutte contre les inondations à renforcer, gouvernance efficiente à organiser, etc. Des progrès ont néanmoins été réalisés.

Prise de conscience

Avec la mise en œuvre du SAGE Estuaire de la Loire, c’est en effet une prise de conscience profonde et durable qui a été initiée : « Elle a été très forte chez les élus, et notamment à la Communauté de communes du Pays d’Ancenis [COMPA] », souligne Jean-Pierre Belleil, vice-président à la COMPA et maire de Joué-sur-Erdre, « nous avions un peu de retard par rapport aux autres territoires. On a vite compris qu’il fallait se mettre en ordre de marche. Très rapidement, nous avons créé le service Milieux aquatiques. Il a été étoffé au fil des années et est composé désormais de cinq agents ».

Même son de cloche chez les techniciens qui œuvrent chaque jour à la bonne mise en œuvre du SAGE Estuaire de la Loire : « Il y a une prise de conscience, c’est certain. On est à un tournant », confirme Laurence Le Roy, directrice du Syndicat mixte Loire et Goulaine, « mais cela prendra du temps. Sur notre bassin versant, qu’il s’agisse de travaux sur des cours d’eau ou sur la ripisylve, tout le monde a désormais conscience qu’il faut le faire. D’ailleurs, les budgets de notre contrat territorial sont quasiment tous consommés annuellement. L’évolution des pratiques agricoles se fera sur un temps plus long. Mais cela ne peut pas venir que des producteurs : il faut aussi que les gens changent leur façon de consommer, et que les exploitants bénéficient d'aides et de supports techniques adaptés. Une entreprise, quelle qu'elle soit, ne peut pas changer ses process du jour au lendemain. Il y a trop d'enjeux économiques et humains ».

Aide à la décision

La mise en œuvre du SAGE Estuaire de la Loire n’a pas uniquement fait évoluer les mentalités, elle a aussi représenté un appui technique et un outil d’aide à la décision : « Pour un syndicat opérationnel tel que le nôtre, le SAGE apporte de grandes lignes directrices. Il nous permet de justifier de certaines décisions ou prises de position », explique Laurence Le Roy, « l’équipe du SAGE nous apporte également un appui technique, plus particulièrement sur la restauration des milieux aquatiques avec la mission ASTER [Animation et suivi des travaux en rivières] portée par le Syndicat Loire aval [SYLOA], sur le suivi de la qualité des eaux, sur notre système d’information géographique, etc. Notre structure – de petite taille – ne dispose pas d’une ingénierie dédiée à chaque domaine d’activité. L’équipe du SYLOA nous permet d’y avoir accès ».

Reste que la réalité du terrain se trouve parfois confrontée aux dispositions et au règlement du SAGE : « Tout n’est pas simple à concilier », constate Jean-Pierre Belleil, « la problématique de la destruction des zones humides en est un exemple lorsqu’il s’agit de construire. Comment expliquer à un aménageur qu’une zone industrielle ne peut pas être créée ou agrandie en rayant simplement de la carte une zone humide ? Cela demande encore un gros travail de sensibilisation et d’explication ».

Afin de répondre aux nouvelles attentes du territoire et s’adapter à un environnement en pleine transformation, le SAGE Estuaire de la Loire est entré en révision depuis 2015. En février prochain, les nouveaux documents du SAGE – Plan d’aménagement et de gestion durable et règlement – seront proposés à la validation de la CLE. Ce SAGE remis au goût du jour va-t-il changer la donne ? Jean-Pierre Belleil reste prudent : « Le premier SAGE a permis de faire prendre conscience des enjeux, le second va renforcer et conforter les actions en faveur de l’eau. Mais il nous faudra encore énormément travailler, notamment sur les pollutions diffuses. Les exploitants agricoles ne peuvent pas modifier leurs pratiques en deux ou trois ans. Il leur faudra être accompagnés techniquement ».

Lire l'interview de Christian Couturier.

27 janvier 2020