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Contrat Loire

Une nouvelle ambition

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Favoriser une dynamique d’actions sur les annexes et dans le lit mineur… C’est l’idée centrale du contrat pour la Loire et ses annexes de Nantes à Montsoreau qui vient d’être lancé. Explications.

Au cours du XXe siècle, la Loire estuarienne a fait l’objet de nombreux aménagements en amont de Nantes pour faciliter la navigation. Dans le bras principal, quelque 700 épis ont été construits pour resserrer le chenal, le bassin de marée creusé, le sable abondamment extrait pour la construction ou le maraîchage, les seuils rocheux arasés… Avec pour conséquence un lit mineur de plus en plus creusé et une ligne d’eau d’étiage affaissée. “De fait, les bras secondaires qui ne subissaient pas les mêmes phénomènes d’incision, se sont retrouvés perchés par rapport au lit mineur et ne sont plus alimentés en deçà d’un certain débit. Cela entraîne des problèmes puisque les continuités écologiques ne sont plus assurées, pour les frayères notamment”, explique Sylvain Cerisier, co-animateur du contrat au GIP Loire Estuaire.

Quatre opérations sur le bras principal

Le constat est récent, mais découle de très nombreux travaux depuis 1993… Des études, des aménagements expérimentaux, comme le seuil du Fresne en 2003 ou le remodelage des épis sur le bras des Lombardières en 2009. Un premier contrat de restauration entretien (CRE), animé par le Corela – devenu Conservatoire des espaces naturels des Pays de la Loire –, avait d’ailleurs été signé cette année-là. “Il portait principalement sur les annexes : lutte contre la jussie, entretien de la ripisylve, abaissement de gués…” Pour le nouveau contrat, la Région et l’Agence de l’eau Loire-Bretagne ont souhaité coupler les actions menées par le Conservatoire des espaces naturels sur les annexes avec un ensemble d’actions plus lourdes sur le lit mineur du fleuve. Au total, 25 annexes sont concernées, mais aussi le bras principal avec quatre opérations : reconfiguration des épis en aval d’Ancenis, rechargement en sédiments, création d’un seuil à Bellevue pour limiter les sorties de sable et réaménagement du seuil du Fresne. “L’objectif est de libérer le sable emprisonné entre les épis et de redonner de la liberté de mouvement au fleuve”, souligne Sylvain Cerisier.

7 millions d’euros jusqu’en 2017

Ce contrat, qui couvre la période 2015-2020, est signé par tous les acteurs concernés : l’État, l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, Voies navigables de France (maître d’œuvre sur le bras principal), la Région, une quinzaine de collectivités et de syndicats (maîtres d’ouvrage sur les annexes), le GIP Loire Estuaire et le Conservatoire des espaces naturels des Pays de la Loire, ces deux dernières entités jouant le rôle de co-animateurs. Au total, plus de 60 millions d’euros devraient être investis sur les quinze prochaines années, mais le programme porte pour l’instant sur une première série d’études et de travaux pour 7 millions d’euros jusqu’en 2017. Les actions 2018-2020 seront lancées en fonction de la dynamique observée. “Le contrat est phasé, ce qui permettra le cas échéant de prendre en compte les données d’observation les plus récentes”, précise Sylvain Cerisier.

28 octobre 2015