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Profils de vulnérabilité conchylicoles

Comprendre et agir

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Après Cap Atlantique et Pornic Agglo Pays de Retz, le Syloa prend la main pour établir les profils de vulnérabilité conchylicoles sur le reste de la façade littorale du SAGE Estuaire de la Loire. Enjeux et commentaires.

C’est une prescription du SDAGE Loire-Bretagne : la réalisation avant le 31 décembre 2017 de profils de vulnérabilité conchylicoles pour les bassins versants prioritaires qui ont tendance à se dégrader ou qui le sont déjà. “Toute la façade littorale du SAGE Estuaire de la Loire est concernée, précise son animatrice, Cécile Fourmarier. Cap Atlantique a lancé la démarche sur son territoire, Pornic Agglo Pays de Retz également. Il reste quatre zones de pêche à pied professionnelle en sortie d’estuaire sur lesquelles il faut la mettre en place. Pour répondre à la demande de la CLE, c’est le Syloa qui va s’en charger.” En parallèle, le SDAGE recommande de réaliser les profils de vulnérabilité sur les zones de pêche à pied de loisir. “Une activité qui s’exerce également sur les quatre secteurs professionnels. Nous allons donc construire une étude globale recouvrant les deux profils”, poursuit Cécile Fourmarier.

Diagnostic et synthèse des connaissances

En pratique, la démarche, qui suit un guide édité par l’Agence de l’eau, démarre par un état des lieux des connaissances : identification des facteurs de pollution – météo, saisonnalité, population estivale, faune sauvage… – et estimation des flux. Il s’agit alors de voir quels bassins sont contributeurs directs et de recouper les sources de pollution – réseau d’assainissement, agriculture, ports, rejets à la mer… “Des acteurs aux priorités différentes peuvent alors se mettre autour d’une table et convenir, ensemble, de l’état de ces zones et des sources de pollution, souligne Cécile Fourmarier”. On en déduit alors un programme d’actions et les indicateurs de suivi nécessaires. “Le consensus est généralement facilement atteint lorsque l’on dispose des données suffisantes, poursuit Cécile Fourmarier. Dans le cas de la Loire, c’est un peu différent. Son impact en termes bactériologiques sur les différentes zones reste difficile à évaluer. Le consensus sera sans doute plus long à atteindre, même si nous disposons d’outils pour modéliser le panache du fleuve. Il nous faudra compléter nos données par des visites de terrain, des mesures…”

Un enjeu pour les ostréiculteurs

Au sud de l’estuaire, Pornic Agglo Pays de Retz a avancé suite à une sérieuse alerte dans le secteur de la Prée à Préfailles : les ostréiculteurs ont en effet subi un déclassement de A en B et ont même failli passer en C*. “Cela nous a amenés à nous poser des questions sur l’origine des pollutions”, indique Claude Caudal, maire de Préfailles, vice-président en charge du Pôle eau à la Communauté d’agglomération. En 2016, un comité de pilotage a donc été constitué avec les professionnels et les associations du littoral. “Nous avons répertorié tous les émissaires, réalisé des prélèvements mensuels pour suivre les pollutions bactériennes, vérifié tous les réseaux d’assainissement collectifs et les installations d’assainissement autonomes… Certaines pollutions ont été détectées. C’est alors que nous avons décidé d’élargir la démarche aux profils de vulnérabilité”, précise Claude Caudal.

Continuités et interactions

L’un des grands enjeux des profils de vulnérabilité est de mieux connaître les interactions entre les différents espaces littoraux. “Longtemps, en matière de politique de l’eau, chacun a travaillé dans son coin, reprend l’élu. Les études étaient menées avec des protocoles différents et ne faisaient pas le lien entre ce qui vient de la terre et ce qui vient de la mer. Au milieu, l’estran était un no man’s land dont on connaissait très mal le fonctionnement. L’intérêt de cette démarche est d’étudier les continuités et de faire la synthèse de l’état des connaissances.” Impliquer tous les intervenants – professionnels, agriculteurs, riverains, associations… – est un autre aspect essentiel. De fait, le comité de pilotage se réunit une à deux fois par an et va être associé au programme d’actions qui va découler des profils de vulnérabilité.

Sensibilisation

Au-delà des actions concrètes, il reste un dernier point à aborder dans le sillage de la démarche : la pédagogie. Un aspect compliqué par la présence d’un fort contingent de touristes en saison sur le littoral. “Nous avons fait de gros efforts sur l’assainissement, le “bruit de fond” est stabilisé, remarque Claude Caudal. Mais nous devons maintenant faire face à des pollutions aléatoires liées par exemple aux camping-cars, aux rejets de pêche… Ou aux déjections canines sur le chemin côtier qui provoquent de fortes concentrations de pollution aujourd’hui. Nous avons un important travail de sensibilisation à faire.”
Après Cap Atlantique, Pornic Agglo Pays de Retz termine actuellement sa phase de prédiagnostic. “Nous avons défini un plan pluriannuel Gemapi 2017-2022, indique Claude Caudal. Le programme d’actions lié aux profils de vulnérabilité va venir s’y intégrer.” Pour sa part, l’étude Syloa démarre. Il faudra six à sept mois pour la mener à terme.

*dans les zones de production professionnelle, classement
• A : commercialisation et consommation directes possibles après la récolte.
• B : purification obligatoire ou reparcage avant commercialisation.
• C : reparcage de longue durée commercialisation ou traitement thermique.

Voir l'interview de Pascal Chellet

09 octobre 2017