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Sébastien Rabaud, responsable des services techniques de la Ville de Varades

“Il faut surtout soigner la communication”

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En 2007, Varades était l’une des toutes premières communes de Loire-atlantique à adopter un plan de désherbage. Sébastien Rabaud nous fait part de son expérience.

Pourquoi avoir décidé si tôt de mettre en place un plan phyto communal ? Était-ce une volonté politique ?

Je suis arrivé en janvier 2006 et le projet était déjà sur les rails. À l’époque, la municipalité avait lancé un projet baptisé Gogane – du nom d’une fleur locale qui avait pratiquement disparu NDLR. Celui-ci portait sur la qualité de l’eau avec la construction d’une nouvelle station d’épuration et sur l’étanchéité du réseau d’assainissement car nous avions beaucoup d’eaux parasites. À la même époque, la Crepepp cherchait des communes pilotes pour mettre en place un plan communal de désherbage et n’en trouvait pas sur le Maine-et-Loire. Nous avons donc bénéficié de cette opportunité : cela s’inscrivait bien dans notre démarche mais cela a bousculé notre planning.

Concrètement, comment avez-vous procédé ?

Nous avons élaboré le plan avec la Crepepp, en définissant les zones de risque fort et faible et des principes de gestion des différents espaces. Mais j’ai vite constaté que je n’avais pas suffisamment de temps pour gérer la transition et j’ai donc décidé brutalement de renoncer totalement aux produits phytosanitaires, sauf sur le terrain de football. Face aux protestations, nous avons dû reculer un peu avant de revenir. Aujourd’hui, selon les lieux, nous choisissons entre le désherbage au vinaigre, thermique, mécanique ou manuel. Mais j’avoue que nous n’avons pas été très forts dans la gestion de ce dossier au départ.

Comment les agents et les habitants ont-ils accueilli cela ?

Les agents, très favorablement ! Ils n’ont jamais été un frein. Il faut dire qu’ils avaient participé aux prises de mesure et qu’ils avaient été avertis sur les problèmes et les dangers liés aux produits phytosanitaires. Du côté des habitants, cela a été moins évident au départ. Il est vrai que certaines zones ont été oubliées et que les gens avaient du mal à comprendre.

Quels conseils donneriez-vous à une commune qui lance un plan de désherbage ?

Je pense qu’il faut d’abord soigner la communication. Il faut effectivement en parler dans le bulletin municipal et dans la presse, mais tout le monde ne lit pas. Il faut donc aussi communiquer sur le terrain, mettre des panneaux là où on intervient pour expliquer pourquoi et comment on travaille. Il est également important de bien informer les agents pour qu’ils soient capables d’expliquer leur façon de désherber à la population. Il est enfin intéressant de réfléchir sur les nouveaux aménagements pour faciliter la gestion ensuite. Prévoir par exemple une bande de gazon en pied de murs… En complément du plan de désherbage, on peut prévoir un plan de gestion différenciée : selon les zones, la qualité du désherbage varie, elle sera plus soutenue ici, moins ailleurs.

Quel bilan tirez-vous de la mise en place de ce plan de désherbage ?

Globalement, le bilan est très positif. D’abord économiquement, puisque l’on dépensait environ 7 500 euros en achats de produits auparavant contre 1 500 aujourd’hui pour le vinaigre et le gaz. Certes, nous y passons plus de temps, mais il y a un gain en termes de santé pour les agents, d’ailleurs il n’y a plus besoin de protection pour travailler. Notre action est également plus valorisante. Désormais, les habitants comprennent. On a moins de critiques et surtout on gère mieux.

Voir Les jardins familiaux : une expérience originale

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26 juin 2013