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Eaux côtières et de transition

Objectif : le bon état

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Adoptée à l’échelle européenne, la directive-cadre sur l’eau (DCE) a pour objectif principal d’atteindre le bon état des eaux d’ici 2015. Hélène Jeanneret, scientifique à l’Ifremer, nous en dit un peu plus sur son volet littoral.

Instaurée en 2000 pour structurer la politique de l’eau de l’ensemble des états membres de l’Union européenne, la directive-cadre sur l’eau a pour objectif principal d’atteindre le bon état des eaux d’ici 2015. Le volet littoral de la DCE concerne plus particulièrement les eaux côtières et les eaux de transition, autrement dit les estuaires. “Nous suivons ces deux catégories de masse d'eau de façon très régulière”, précise Hélène Jeanneret, correspondante Ifremer pour la mise en place de la DCE sur le littoral Loire-Bretagne. Pour répondre aux objectifs, l’Ifremer a notamment participé à la réalisation d’un état des lieux du bassin Loire-Bretagne, achevé en 2004. Il permet aux acteurs de l’eau, réunis dans le Comité de bassin, de définir pour six ans la stratégie de reconquête de la qualité de l’eau : c’est le fameux SDAGE.

État écologique et état chimique

Calé sur les plans de gestion définis par le SDAGE, le dispositif de surveillance mis en œuvre sur le terrain par l’Ifremer a démarré en 2007. Il consiste à contrôler l’état global des eaux côtières et de transition à partir du suivi d’un certain nombre de paramètres, appelés éléments de qualité, puis à classer ces masses d’eau. Ces éléments de qualité sont liés à la fois à l’état écologique et à l’état chimique des eaux. “C’est en effet à partir de ces deux critères que l’état global d’une masse d’eau littorale est évalué”, ajoute Hélène Jeanneret. Les scientifiques réalisent donc régulièrement des sorties en mer, dans l’estuaire et sur les plages où ils effectuent des mesures et des prélèvements d’échantillons analysés ensuite en laboratoire.

Éléments de qualité

Pour contrôler l’état écologique, les scientifiques s’attachent à mesurer la température, l’oxygène, la transparence, la salinité, la nature des fonds… Ils prélèvent aussi des échantillons de sédiments et d’organismes vivants comme le phytoplancton, les plantes marines, les invertébrés… Certains de ces éléments, comme les poissons, ne sont étudiés que dans l’estuaire, d’autres comme les macroalgues ou les herbiers de zostères – des plantes marines, NDLR –, uniquement au large des côtes. “Nous tenons compte, bien sûr, de la spécificité de chaque masse d’eau pour pouvoir la qualifier le plus justement possible : les anguilles, par exemple, sont surtout inféodées à l’estuaire. En revanche, il n’est pas pertinent de chercher le phytoplancton dans les eaux turbides de cette masse d’eau.” Enfin, pour évaluer l’état chimique des eaux, les scientifiques recherchent la présence de 41 polluants – métaux lourds, pesticides, polluants industriels… – et leur concentration par rapport aux normes établies au plan européen.

Quel état pour nos eaux littorales ?

Pour l’ensemble des paramètres analysés, les spécialistes ont défini des normes de référence. Il suffit que l’un des paramètres étudiés ne soit pas bon pour que la masse d’eau soit déclassée. “Le fait de suivre des protocoles très stricts et de contrôler toujours les mêmes paramètres permet de qualifier l’état d’un milieu, ajoute Hélène Jeanneret. Sur le territoire du SAGE Estuaire de la Loire, les eaux côtières sont en bon état. En revanche, l’estuaire est déclassé du fait de son état écologique moyen au regard du paramètre poisson.”

Protocole adopté à l’échelle européenne

La fréquence des prélèvements varie en fonction des éléments suivis : une fois par mois pour le phytoplancton, tous les trois ans pour les macroalgues situées sur les rochers, mais seulement tous les six ans pour les grandes algues du large… “Si l’on devait faire une étude spécifique sur les algues au large de la Loire, la fréquence imposée par la DCE ne serait pas suffisante, mais elle l’est pour répondre à l’objectif réglementaire de classement des masses d’eau”, ajoute la scientifique. Chaque pays européen suit le même protocole.

Et après ?

Le cycle de six ans s’achevant, l’heure est au bilan. Associée à l’Ifremer dans le cadre de la DCE, l’Agence de l’eau Loire-Bretagne va réaliser un nouvel état des lieux à partir de l’ensemble des classements des masses d’eau de son bassin. Sorte de photographie fine de la qualité des eaux littorales, ce document scientifique permettra de préparer le futur SDAGE et de vérifier l’efficacité du programme de mesures de gestion en cours. “Le dispositif de surveillance n’est pas figé, de nouveaux paramètres à surveiller interviendront certainement comme cela a été le cas en 2007. C’est un travail de longue haleine !”

Voir C’est quoi le bon état des eaux ?

Voir l'interview de Pascal Chellet

27 mars 2013