Accueil / Actions / “Tant que l’on arrivera à exploiter le marais de façon agricole, ça ira !”

Pierrick Bonnet, président du Syndicat de marais des prés du Syl

“Tant que l’on arrivera à exploiter le marais de façon agricole, ça ira !”

Tweet

Agriculteurs et éleveurs en système bio depuis 1994, Pierrick Bonnet et son associé gèrent 200 hectares à Lavau-sur-Loire, en plein cœur du marais.

Quelle était la situation dans les marais avant le lancement de ces nouveaux contrats ?

Les agriculteurs ont eu toujours des besoins en eau. Réunis au sein du Syndicat de marais, ils s’arrangeaient donc pour entretenir régulièrement les douves de façon à ce que l’eau circule correctement. Lorsque l’un ne faisait pas son travail, les autres exploitants se réunissaient pour lui remonter les bretelles et l’aider ! Le marais ressemblait ainsi à un damier avec des douves fraîchement curées et d’autres plus envasées mais il correspondait bien aux diverses attentes. Il existait en effet de multiples façons de l’exploiter et une vraie richesse biologique.


La loi sur l’eau a-t-elle modifié la donne ?

La réglementation a changé et s’est durcie : les syndicats ont alors eu du mal à monter les dossiers car il fallait aussi mener des études d’impact sur les milieux. Le poids financier n’était plus le même. Face aux démarches administratives, les exploitants ont baissé les bras, la présidence du syndicat est restée vacante et les douves se sont envasées. Dans les marais des prés du Syl, les derniers travaux datent du remembrement, il y a dix ans. Aujourd’hui, il y a forcément beaucoup à faire d’un coup. Des éléments extérieurs – ragondins, écrevisses et jussie – ont également participé à la dégradation du marais.


Comment avez-vous vécu la procédure ?

C’était très long ! Bien que nous ayons été impliqués dans la procédure, l’échéance semblait si lointaine que nous avons eu du mal à nous imprégner du dossier. Aujourd’hui, on s’aperçoit que certains travaux programmés en priorité le sont pourtant moins que d’autres.
 

Concrètement qu’est-ce qui va changer ?

Aujourd’hui, on nous demande de prouver que ce que l’on va faire ne détruira pas la faune et la flore. C’est vrai qu’à une époque, nous avons peut-être trop agrandi les douves ce qui a un peu dégradé les berges. Mais comme les ragondins étaient dedans, on ne voyait pas d’autres solutions. Dans la gestion de niveaux d’eau, on nous demandera sûrement des contreparties, comme tenir une sorte de cahier des charges et d’avoir des niveaux plus hauts à certaines périodes. Les curages des douves permettront de mieux faire circuler l’eau d’un bout à l’autre du marais. Nous allons aussi pouvoir rénover deux vannages en mauvais état.


À la veille de leur lancement, quel bilan portez-vous ?

Pour le syndicat, ces nouveaux contrats vont apporter un soulagement financier. Mais c’est également l’expression de la prise de conscience des collectivités sur la richesse écologique des marais et l’importance d’agir pour son entretien. La lutte contre la jussie, qui est l’un de nos soucis prioritaires, est entrée dans les nouveaux contrats. C’est aussi un soulagement ! En fait, tant que l’on arrivera à exploiter le marais de façon agricole, ça ira !

Retour au dossier sur la restauration des milieux aquatiques

13 janvier 2012